1877 : l’installation définitive
Nous ne savons pas sur quel site s’entraînaient les fondateurs de la Compagnie en 1811.
Nous avons cependant la certitude qu’ils étaient déjà installés au 14 rue Gaston Lauriau en 1847 et que ce site revêtait une importance suffisante pour que les géomètres de l’époque en fassent un relevé dans le cadastre dit « napoléonien ».
Ce dernier fait ainsi apparaître le logis et les deux buttes de tir de l’époque, dans la rue des Carrières.
Extrait du cadastre napoléonien accessible sur le site : https://patrimoine.seinesaintdenis.fr/Cadastre-napoleonien
En 1877, les 30 membres de la Compagnie décident d’acheter le terrain qu’ils louaient jusqu’à présent à Victor Luce, petit-fils de François Gabriel Luce, décédé en 1852, qui était lui-même archer de la Compagnie, dont il a été 3 fois roi (1846, 1847 et 1848) et dont il est resté le seul empereur jusqu’à une date récente.
Les 30 archers de 1877 créent tout d’abord la « Société de tir à l’arc de Montreuil-sous-Bois » entre le 5 et le 14 avril 1877, par un acte enregistré par Maître Savart à Fontenay-sous-Bois. Il s’agit d’une « société civile, particulière et tontinière ».
Les archers composant la société sont représentatifs de la bonne société montreuilloise de l’époque. On y compte 11 cultivateurs, horticulteurs ou jardiniers, 4 ébénistes ou menuisiers, 3 rentiers, 3 maçons, un marchand de vin, un boulanger, un boucher, un ciseleur sur métaux, un maître de lavoir et un fournisseur des cantines des armées. Parmi eux se trouve François Charles Désiré Chevalier, descendant d’une des plus anciennes familles de cultivateurs montreuillois : « Professeur d’arboriculture, membre de la Société nationale d’horticulture, il reçoit en 1880 les palmes académiques, couronnement de l’œuvre de toute une vie, après les nombreuses récompenses qu’il a obtenues dans les concours et les expositions. »* Une rue de Montreuil porte aujourd’hui son nom.
Les archers ont prévu de pouvoir vendre l’avant du terrain quand ils le jugeront opportun, pour se rembourser des frais qu’ils engagent personnellement dans l’acquisition.
Cette dernière se concrétise le 15 avril 1877.
Ils achètent ce jour là pour 6 000 francs de l’époque, au moyen d’un emprunt qui sera remboursé par les cotisations, un jardin « clos de murs de tous côtés. »**
A l’époque, l’entrée à la Compagnie se fait exclusivement sur cooptation. Le droit d’entrée est fixé à 30 francs et la cotisation annuelle à 16 francs.
* Extrait de l’ouvrage « Montreuil : Dictionnaire historique des rues », Philippe Hivert et Gobert Schoon, éditeur : Musée de l’Histoire Vivante de Montreuil.
** Extrait de l’acte d’acquisition du 15 avril 1877